Réflexions autour du jugement

Hier, au cours d'une discussion anodine durant laquelle j'ai exposé mon point de vue par rapport au comportement d'une personne, on m'a alors demandé si je trouvais que ce qu'elle avait fait n'était pas "bien". Je suis souvent mal à l'aise quand on me demande de juger si quelque chose est bien ou mal. Je ne vois pas les choses de cette façon, ce n'est pas si simple. Souvent, j'essaie de me mettre à la place d'une personne et d'envisager les différentes possibilités qui existent. Pour moi, quelle que soit la situation vécue, c'est la manière dont nous la percevons qui compte : par conséquent, plusieurs lectures sont possibles. Par exemple, si nous croisons dans la rue une personne que nous connaissons et qu'elle ne nous salue pas, nous aurions peut-être tendance à penser que cette personne nous en veut, qu'elle nous évite, et nous pourrions alors lui en vouloir. Mais peut-être aussi qu'elle ne nous a tout simplement pas vu, qu'elle était perdue dans ses pensées, qu'elle était préoccupée par un problème... Nous avons tendance à interpréter, à juger hâtivement ce que font ou disent les autres (je précise que j'évoque ici des situations banales de la vie quotidienne et pas d'actes condamnables). Je pense qu'essayer d'envisager plusieurs explications peut alors aider à prendre du recul et à ne pas trop se "faire de cinéma". Je trouve aussi étonnant que, parfois, certaines personnes se permettent de juger ou même encore de critiquer des actes alors qu'elles étaient absentes lors des faits qu'elles évoquent et qu'elles ne disposent que d'une seule version de l'histoire...

Dans cette situation vécue hier soir, j'ai répondu en me mettant à la place d'une personne, en imaginant ce que j'aurais ressenti dans pareil cas. Je n'affirmais pas que ma vision des choses fût la bonne, je la partageais simplement. Quand nous affirmons qu'une personne a bien ou mal agi, je trouve que pleins d'éléments sont à prendre en compte, et que la plupart du temps, nos jugements ne reposent pas sur du solide car nous n'envisageons qu'une issue possible. Nous avons tous des perceptions différentes que nous devons respecter, sans forcément essayer de prouver qui a raison ou qui a tort. Le respect et l'écoute lors de ces discussions me semblent fondamentaux pour faire preuve de discernement et d'indulgence. Je pense que nos jugements de valeurs ne doivent pas être portés dans la précipitation et qu'il faudrait plutôt les manier avec précaution, avec prudence.

En lisant ces lignes, vous pourriez croire que je suis parfaite et que je ne juge jamais les autres. Évidemment, ce n'est pas le cas. Cependant, je sais prendre conscience des moments où je suis dans le jugement, et à ce moment-là je peux décider si je continue de penser de la sorte ou si je peux prendre du recul et envisager les choses avec un autre regard. La plupart du temps, je choisis la deuxième option, car elle me permet de ne pas rester enfermée dans mes certitude et qu'elle m'ouvre l'esprit. Elle me rend aussi plus empathique. Cette capacité à prendre du recul est présente en chacun de nous, nous pouvons la cultiver, la développer. Je pars toujours du principe que je ne vais pas faire subir aux autres ce que je n'aimerais pas qu'on me fasse. C'est ce qui me pousse, au quotidien, à veiller à ne pas critiquer bêtement les autres, à ne pas leur faire de reproches qui risqueraient de les mettre mal à l'aise ou de les blesser inutilement, sous prétexte que je pense détenir la vérité. J'estime que nous avons chacun à faire des efforts pour remettre en question nos croyances, nos principes afin de nous ouvrir davantage aux autres et au monde. 

http://sixpenceee.com/post/113016288809/the-badlands-region-in-the-utah-is-famous-for-its

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